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Infolettre 477

Infolettre 477

                   

Infolettre 477 - 3 octobre 2026 : Gingembre et douleurs menstruelles • Jus de betterave et exercices d’endurance • Griffonia et douleur

    

Gingembre

et douleurs menstruelles

Chez des femmes souffrant de dysménorrhée primaire, la prise d’un extrait de gingembre diminuerait la sévérité de la douleur, les symptômes et le flux menstruel.

La dysménorrhée primaire est l’un des problèmes gynécologiques les plus courants chez les femmes en âge de procréer. Elle est caractérisée par des crampes douloureuses récurrentes dans le bas du ventre en l’absence de pathologie pelvienne identifiable. Elle s’accompagne également souvent de tout un éventail de symptômes psychologiques et systémiques pouvant inclure des lombalgies, de la fatigue, des nausées, des vomissements, des maux de tête ou des perturbations de l’humeur.

L’intérêt du gingembre

Le gingembre, Zingiber officinalis, est une plante médicinale avec un long passé d’utilisation par les médecines traditionnelles pour gérer la douleur, l’inflammation et les troubles gastrointestinaux. Il renferme des composés bioactifs comme les gingérols et les shogaols, qui ont démontré leur capacité à inhiber les voies de la cyclooxygénase et de la lipoxygénase, réduisant ainsi la synthèse des prostaglandines. Des études précliniques et cliniques suggèrent que le gingembre pourrait efficacement soulager les douleurs menstruelles.

Quels effets en cas de dysménorrhée primaire ?

Cent femmes présentant une dysménorrhée primaire, âgées de 20 à 30 ans, ont participé à une étude randomisée, contrôlée contre placebo et en double aveugle. Pendant 90 jours, elles ont pris deux fois par jour 100 mg d’un extrait de gingembre standardisé à au moins 20 % de gingérols.

Les résultats montrent que, par rapport au placebo, l’extrait a significativement amélioré différents aspects de la dysménorrhée. L’intervention a réduit de façon significative la sévérité de la douleur et de la dysménorrhée dans son ensemble, les symptômes et le flux menstruel. Sur le plan mécanistique, la prise de l’extrait a induit une diminution des niveaux de la prostaglandine F2-alpha, impliquée entre autres dans les crampes et douleurs abdominales. L’ensemble de ces effets a perduré sur l’ensemble des trois cycles consécutifs.

Babu PK et al., Efficacy of a standardized ginger extract for mentrual pain and associated symptoms in women with primary dysmenorrhea : a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Cureus 2026 ; 18(8) : e114903.

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Jus de betterave

et exercices d’endurance

La consommation de jus de betterave pourrait aider, au cours d’exercices d’endurance, à atténuer la désoxygénation des muscles squelettiques induite par l’hypoxie.

L’entrainement en environnement hypoxique a émergé comme une stratégie d’intervention non pharmacologique pour renforcer les performances des athlètes de haut niveau et également pour promouvoir la santé de la population générale, de même que d’individus à risque d’obésité et de maladies métaboliques.

L’environnement hypoxique

L’environnement hypoxique, qu’il soit naturel par exposition à haute altitude en montagne ou dans une chambre hypoxique contrôlée, réduit la fraction d’oxygène inspirée, limite la quantité d’oxygène délivrée aux tissus et induit une stimulation physiologique et métabolique plus importante qu’un environnement normoxique. En activant différents mécanismes, cette stimulation hypoxique active différents mécanismes d’adaptation susceptibles d’être utilisés pour améliorer les performances ou promouvoir la santé cardiométabolique.

Cependant, dans un environnement hypoxique, l’apport limité en oxygène au cours d’un exercice peut provoquer une diminution de l’oxygénation des muscles squelettiques et une augmentation de l’accumulation de fatigue qui pourraient perturber les performances.

L’intérêt du jus de betterave

Le jus de betterave renferme du nitrate inorganique, des bétalaïnes et des polyphénolsC’est une famille de molécules fortement antioxydantes que l’on trouve en abondance dans les végétau..., reconnus comme source alimentaire qui augmente l’oxyde nitrique. Après son ingestion, la transformation des nitrates inorganiques en oxyde nitrique est facilitée en condition d’hypoxieDiminution de l’oxygène distribuée par le sang et utilisable par les cellules de l’organisme.. L’oxyde nitrique contribue à améliorer les performances et l’économie d’exercice par la vasodilatation, l’augmentation du flux sanguin et la stimulation du fonctionnement endothélial. Il augmente également l’efficacité de l’utilisation de l’oxygène par les muscles et le fonctionnement des mitochondriesLes mitochondries sont les usines qui produisent énergie dont les cellules ont besoin pour fonctionn....

Quels effets en cas d’exercice ?

Uhne étude a examiné les effets de l’ingestion de 70 ml jus de betterave ou d’un placebo 2 heures et demie avant 30 minutes d’exercice sous-maximal en condition hypoxique ou normoxique. Douze hommes en bonne santé ont testé ces quatre situations dans le cadre d’une étude randomisée, croisée et en double aveugle.

Les résultats indiquent que les conditions hypoxiques induisent un stress métabolique plus important que l’environnement normoxique et que la consommation d’un jus de betterave l’atténue partiellement. Elle le ramène pratiquement au niveau d’un stress métabolique en condition normoxique.

Choi J-H et al., Effects of acute beetroot juice ingestion and hypoxic conditions on metabolic function, skeletal muscle oxygenation and cardiac function during endurance exercise in healthy young men. Nutrients 2026; 18: 2780.

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Griffonia

et douleur

Le Griffonia (griffonia simplicifolia) aurait de légers effets sur les mécanismes d’une douleur induite expérimentalement.

Malgré des avancées dans la gestion des douleurs périopératoires ou chroniques, la douleur reste un défi clinique majeur. Elle est associée à une perturbation de la qualité de vie, à une guérison retardée, à une augmentation de l’utilisation de soins et à un risque plus élevé de chronicisation et de consommation d’opioïdes.

L’implication de la sérotonine

Les voies sérotoninergiques jouent un rôle clé dans les processus nociceptifs incluant les voies inhibitrices de la douleur et la sensibilité périphérique. Une réduction de l’activité sérotoninergique a ainsi été associée à une perturbation de la modulation centrale de la douleur.

 Le 5-HTP, un acide aminé dérivé du tryptophane, une fois arrivé dans le système nerveux central, est rapidement transformé en sérotonine. Des données suggèrent qu’il pourrait avoir un possible potentiel analgésique.

Des effets du griffonia sur la douleur ?

Les graines du griffonia, une légumineuse africaine, sont une riche source naturelle de 5-HTP. 

Les effets des médicaments analgésiques peuvent être attribués à trois mécanismes clés : la sensibilisation périphérique, la sensibilisation centrale et la modulation de la douleur.

Une étude randomisée, croisée, contrôlée contre placebo et en double aveugle a examiné les effets de la consommation de griffonia sur la perception de la douleur produite par l’application répétitive phasique de chaleur. Dix-huit volontaires adultes en bonne santé ont participé à cette étude. Pendant 28 jours, ils ont consommé quotidiennement 100 mg de griffonia ou un placebo. Après 4 semaines d’interruption le protocole a été inversé pour 28 autres jours.

Les résultats ne montrent pas d’effet significatif sur la perception de la douleur aiguë. La seule différence était une augmentation de la distance de l’allodynie mécanique qui suggère un renforcement de la sensibilisation centrale et périphérique. D’autres études sont nécessaires pour clarifier l’impact du griffonia sur la perception de la douleur.

Schlemmer AJ et al., The effects of Griffonia simplicifolia on pain intensity, central and peripheral sensitization and pain modulation in healthy volunteers – A randomized, double-blinded, placebo-controlled crossover trial. Nutrients 2026; 18: 1609.

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3 octobre 2026
  Infolettre archives  5-HTP, allodynie, cycle menstruel, douleur, douleurs, dysménorrhée, environnement hypoxique, Gingembre, gingérols, griffonia, Jus de betterave, nitrate, oxyde nitrique, prostaglandine, sérotonine, stress métabolique

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