Infolettre 464 - 25 avril 2026 : Créatine, privation de sommeil et cognition • Protéines de lactosérum fermentées, fragilité et sarcopénie • Shatavari et ménopause Créatine, privation de sommeil et cognition La créatine réduirait légèrement la détérioration des performances cognitives au cours d’une période de privation de sommeil. Le manque de sommeil peut altérer nos capacités cognitives : il est néfaste pour notre attention et notre vigilance, diminue notre capacité à ressentir, imaginer et créer, impacte notre humeur et nos émotions. L’intérêt de la créatine La créatine a d’abord été principalement utilisée par les sportifs pour améliorer les performances physiques. Des recherches récentes ont révélé que ses applications potentielles pouvaient s’étendre bien au-delà du champ de la forme physique. Les effets cliniques et thérapeutiques de la créatine ont notamment été démontrés dans des cas de lésions traumatiques cérébrales, de maladies neurodégénératives ou de dépression. De plus, la créatine aurait un effet bénéfique sur la cognition, préviendrait la perte musculaire liée au vieillissement et augmenterait la densité osseuse. Chez la femme, elle pourrait influer sur les changements métaboliques et neurocognitifs qui interviennent au cours de la ménopause. Elle apporterait également des effets bénéfiques en cas de privation de sommeil, de fatigue ou de troubles cognitifs. Quels effets sur les performances cognitives ? Dans une précédente étude, les chercheurs avaient montré qu’une dose unique de 0,35 g/kg induisait des changements dans le métabolisme du cerveau au cours d’une privation de sommeil et réduisait la détérioration des performances cognitives. Dans cette nouvelle étude, 29 sujets en bonne santé ont réalisé des tests cognitifs le soir de référence et 3,5, 5 et 7,5 heures après avoir reçu une dose de créatine monohydrate (0,2 g/kg) ou un placebo au cours d’une période de 21 heures de privation de sommeil. Les résultats montrent avec la créatine une atténuation de la détérioration induite par la privation de sommeil dans les tâches logiques et numériques, la vitesse des processus liés au langage et le test de vigilance psychomotrice. Les effets observés sont moins prononcés qu’avec la dose utilisée dans l’étude précédente, mais l’amélioration a cependant atteint les 12 %. Gordji-Nejad A et al., Single-dose reduces sleep deprivation-induced deterioration in cognitive performance. Nutrients 2026; 18: 1192. 0 PartagesPartagezTweetezPartagez 0 PartagesPartagezTweetezPartagez Protéines de lactosérum fermentées, fragilité et sarcopénie Chez des personnes âgées, la consommation de protéines de lactosérum fermentées pourrait aider à réduire la progression de la fragilité. Le processus de vieillissement des muscles squelettiques est associé à des changements significatifs structurels et fonctionnels. Ces changements contribuent à des limitations physiques et à une augmentation du risque de maladie. Chez les personnes âgées, la sarcopénie est caractérisée par un déclin de la masse et de la force musculaire, une réduction de la qualité du muscle et une perturbation du fonctionnement physique. Les protéines de lactosérum, sources d’acides aminés essentiels Les protéines de lactosérum constituent une source riche en acides aminés essentiels et un profil d’acides aminés qui ressemble étroitement à celui des muscles squelettiques de l’homme. Par rapport à d’autres sources, cela favorise son absorption rapide. En particulier, la leucine joue un rôle pivot dans la réparation cellulaire et est un régulateur fondamental de la synthèse des protéines musculaires. Les acides aminés soufrés sont également abondamment présents dans les protéines de lactosérum. Quels effets sur la fragilité ? Une étude randomisée, contrôlée contre placebo et en double aveugle a évalué les effets de protéines de lactosérum fermentées à l’acide lactique chez 45 personnes âgées de 65 ans et plus. Pendant dix semaines, elles ont consommé quotidiennement 38 g de protéines de lactosérum ou un placebo. Les résultats montrent, dans le groupe ayant consommé les protéines, des améliorations significatives dans les habitudes de consommation de nutriments, en particulier pour la consommation d’énergie et de protéines. Des améliorations notables ont également été constatées concernant les marqueurs liés aux muscles, qui indiquent une fonctionnalité renforcée et de meilleures performances physiques. Les marqueurs nutritionnels ont également évolué dans le bon sens : c’est notamment le cas de la vitamine D, du calcium et du magnésium, dont la consommation a augmenté. Enfin, par rapport au groupe placebo, leur indice de masse musculaire squelettique a davantage augmenté. D’autres études de plus longue durée devront s’intéresser aux effets à long terme et clarifier les mécanismes impliqués. Lim H-S et al., Fermented whey protein supplement slows the progression of frailty and sarcopenia among older Korean adults: a randomized blinded trial. Journal of Medicinal Foods 2026; 00(00): 000-000. ??? Moi j’ai trouvé Apr;29(4):205-213. 0 PartagesPartagezTweetezPartagez Shatavari et ménopause La prise d’un extrait standardisé de racine de shatavari améliorerait différents symptômes de la ménopause chez des femmes en pré, péri ou postménopause. Dans certains cas, la ménopause s’accompagne de symptômes qui perturbent profondément la vie des femmes au quotidien et peuvent même être à la limite du supportable, générant insomnies et dépression. Dans d’autres cas, la transition se fait en douceur, avec peu ou pas de symptômes perturbants. La baisse, puis l’arrêt, de la production de progestérone et d’œstrogènes s’accompagne de différents symptômes d’intensité variable selon les femmes, que l’on appelle les troubles du climatère. Ils peuvent être transitoires ou, dans quelques cas, perdurer pratiquement jusqu’à la fin de la vie. Les manifestations les plus spécifiques sont vasomotrices (bouffées de chaleur, suées nocturnes…), génitales (sécheresse et atrophie vaginales) et urinaires (dysurie ou difficulté à uriner). A cela peuvent s’ajouter des troubles du sommeil et de l’humeur, le plus souvent liés aux réveils occasionnés par les suées nocturnes. L’intérêt du shatavari Le shatavari (Asparagus racemosus) ou asperge indienne ou encore asperge en grappes est important dans la médecine traditionnelle ayurvédique. Il est principalement utilisé pour soulager les maux de la femme aux différents âges de sa vie. Régénérateur du système reproducteur de la femme, il contribue à son équilibre physiologique pendant et après la ménopause. Les racine du shatavari sont riches en saponines triterpéniques, les shatavarins, considérés comme des phytœstrogènes. Quels effets sur les symptômes de la ménopause ? Soixante femmes en bonne santé, âgées de 40 à 55 ans, en pré, péri ou postménopause, ont été enrôlées dans une étude randomisée contrôlée contre placebo et en double aveugle. Pendant huit semaines, elles ont reçu quotidiennement 100 mg d’un extrait breveté standardisé de racine de shatavari (SheVari4®). Les résultats montrent que, par rapport au placebo, l’extrait de shatavari a amélioré les symptômes de ménopause. Après 4 semaines, cette amélioration était de 43 %, et de 71 % après 8 semaines. En particulier, les suées nocturnes ont diminué et la qualité du sommeil s’est améliorée. De surcroît, l’extrait a eu des effets bénéfiques sur le plan psychologique et a réduit les humeurs dépressives, l’irritabilité et l’anxiété. En raison de la présence de phytœstrogènes, le shatavari ne doit pas être utilisé en cas de cancer hormonodépendant. Swaroop A et al., Asparagus racemosus root extract (SheVari4®) alleviates menopausal symptoms in pre-, peri- et post-menopausal healthy women. Cureus 2026 April 13. 18(4) : e106987. 0 PartagesPartagezTweetezPartagez 25 avril 2026